Après une semaine où l’on entrevoyait une potentielle conclusion positive aux négociations, Mark Carney a déclaré avoir suspendu les négociations à cause de modifications de dernière minute qui étaient selon lui : « inéquitables, non rentables et remettaient en cause la fiabilité de tout accord ». Face à l’imposition immédiate des tarifs de 50 % par les États-Unis, le Canada dit vouloir répliquer « dollar pour dollar ».
Rappelons que la nouvelle crise tarifaire, déclenchée par les États-Unis en juillet, survient à la suite d’une longue série d’actions américaines et canadiennes. Les Américains, plus précisément le président américain, avaient débuté son mandat sur les chapeaux de roues en déclarant sa volonté de subjuguer le Canada pour qu’il devienne le 51e État. La levée de boucliers qui s’est suivie, qui a porté le Parti libéral du Canada au pouvoir, a donné lieu à un échange corsé entre les deux nations. On peut penser à la publicité de Doug Ford, relayée en masse aux États-Unis, qui a fait échouer les négociations vers la fin de 2025.
Les secteurs touchés sont ceux de l’automobile, de l’aluminium, de l’acier ainsi que du bois d’œuvre. Ces secteurs, dominés par des multinationales, sont les principaux pions dans ces négociations. Les Américains veulent probablement rapatrier une bonne partie de la transformation pour ramener le Canada au rang de colonie de ressources. Les plus petites entreprises dans ces domaines sont assurément les plus vulnérables à la fermeture si aucune alternative n’est trouvée. Il faudra de grands projets nationaux et un changement radical de nos façons de faire à l’échelle nationale pour pouvoir espérer survivre aux temps troubles à l’horizon.
Impact économique incertain
L’économie canadienne, sous respirateur artificiel depuis des décennies, survivra-t-elle à ce nouveau revers ? Rien n’est moins clair. Entre une économie maintenue hors de l’eau par des gouvernements interventionnistes, des entreprises qui n’innovent plus et un système d’investissement dans les start-up inexistant, tous les indicateurs nous indiquent un futur potentiellement très sombre pour l’économie canadienne. De grands projets pourraient potentiellement sauver la mise sur le plan technique, c’est certain. Mais il est clair que les fondations resteraient les mêmes. Il est indéniable qu’une crise majeure est nécessaire pour pouvoir changer les mentalités entrepreneuriales et gouvernementales.
Peut-être verrons-nous une nouvelle économie canadienne dynamique et forte sortir des cendres de cette crise. Ou bien peut-être que le Canada reviendra à sa forme initiale: celle d’une colonie de ressources premières.



