Ayant profité d'un quasi-monopole pendant la crise tarifaire, les distilleries québécoises, qui n'ont pas profité de ce moment pour innover ou pour améliorer leur compétitivité, n'ont d'autre choix que de lancer une campagne médiatique et d'implorer le peuple québécois de rester fidèle à leurs produits.
Le directeur général de l’Union québécoise des microdistilleries, Paul Goulet, déclare au Journal de Montréal : « On espère ardemment que ceux qui ont eu l’occasion de nous découvrir dans les derniers mois feront le choix de nous adopter pour toujours. On se croise les doigts, tout en continuant de faire le maximum pour offrir des produits de la plus haute qualité qui soit. »
Le président de la Distillerie des Marigots déclare quant à lui que les grands producteurs américains disposent de moyens de promotion et de marketing considérables qui ne peuvent se comparer aux moyens des plus petites distilleries.
Ces affirmations témoignent de la mentalité québécoise et, plus largement, canadienne face à la compétition. On préfère se plaindre plutôt que d’innover. Les petits producteurs, plus occupés à combattre les autres petits producteurs pour leurs minuscules parts de marché, préfèrent la compétition interne à la coopération. Plutôt que de s’aligner et de s’entraider pour rivaliser avec les plus grands producteurs d’alcool, ils préfèrent se battre pour leur petit coin de terrain.
Il faut rappeler que la société québécoise est gangrénée par la mentalité « née pour un petit pain ». Plutôt que de miser sur l’innovation, les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, etc., les petites entreprises préfèrent se plaindre pour recevoir de l’argent public ou de la sympathie plutôt que d’innover.
Cette sortie médiatique est encore un autre exemple de la mentalité entrepreneuriale canadienne. Une mentalité qui ne survivra pas au test du temps, espérons-le.




